07/12/2005

Qu'y a-t-il derrière la musique urbaine?

 

Analyse personnelle :
Que se cache-t-il derrière les musiques urbaines ?


Les musiques urbaines se développent à un rythme soutenu dans les villes à travers le monde, et elles rassemblent les populations quelles que soient leurs horizons d’origine. On parle même de la démocratie culturelle des musiques urbaines, et on évoque souvent le fait qu’elles permettent une mixité et un métissage des cultures sans pareil…mais au-delà de cette vision un peu idyllique de ces manifestations musicales et littéraires, qu’y a-t-il derrière tout cela ? Quelle identité(s) de telles initiatives engendrent-elles ? Quelle image veut être donnée à la société ? Ces musiques sont-elles simplement le reflet de la vie quotidienne ou un bon moyen d’exprimer d’influencer la population ?  Peut-on parler de ghettoïsation ou considère-t-on que les musiques urbaines sont un moyen pour les protagonistes (souvent en minorités) de s’intégrer dans la société ?

 

Cette synthèse tentera de répondre aux nombreuses questions qu’on peut se poser et qui sont souvent soulevées par les musiques urbaines. De façon étrange, certaines de ces questions sont récemment revenues au cœur de l’actualité avec le flot de violence urbaine en France, et c’est pourquoi je m’intéresserai plus particulièrement aux différents débats du moment en prenant l’exemple du rap et du hip hop comme musiques urbaines.

 

I - Que se cache-t-il derrière ce véritable phénomène ?

De façon générale, on peut dire que les musiques urbaines sont le miroir de la vie urbaine telle que la connaissent des milliers de milliards de citadins à travers le monde. Pour eux, la musique urbaine est un moyen idéal d’exprimer une identité à part entière, et d’une façon complètement différente que les artistes professionnels peuvent le faire au quotidien.

Ce qui plaît dans les musiques urbaines, c’est que l’inspiration peut donner place à l’improvisation ; rien n’est vraiment calculé, tout est d’une spontanéité déconcertante et ponctuelle, ce qui rend certains moments encore plus uniques lorsqu’ils sont vécus.

Les musiques urbaines occupent de nombreuses fonctions, elles peuvent servir de lieu de rendez-vous de citadins comme de moyen d’expression d’une certaine identité ou de sentiments parfois réprimés par la population (joie de vivre, haine, douleur, incompréhension de la société, envie de s’en sortir…).

Dans la plupart des cas, les musiques urbaines sont un véritable témoignage de la réalité de la vie quotidienne, sans prétentions de la part des « musiciens », et quitte à caricaturer ce quotidien qui leur est parfois si pénible et douloureux.

Enfin, comme il a été dit dans l’introduction de cette synthèse, la question des musiques urbaines soulèvent beaucoup d’autres questions dans la société. En France, les hommes politiques se méfient de ces manifestations musicales en tous genres, considérant que ces musiques qui sont nées dans la rue peuvent avoir de lourdes conséquences sur la société.

 

II - Les implications des musiques urbaines

Dénonciation des problèmes au quotidien

Il est certain que les musiques urbaines semblent avoir une portée infinie. De par la forte population des villes, elles se répandent facilement et elles peuvent donc bénéficier d’une certaine influence sur leurs auditeurs.

Même si ce n’est pas toujours le cas, l’expression libre de paroles accompagnant les musiques urbaines peut s’avérer problématique, et la brutalité ou la cruelle véracité des textes peuvent soulever certaines grandes questions de société (mal de vivre, injustices, problème d’immigration des minorités, discrimination raciale, manque d’intégration dans le pays…).

 

Ghettoïsation ou Intégration ?

Comme on a pu le constater à plusieurs reprises, les musiques urbaines soulèvent de nombreuses questions de société, l’une d’entre elles étant l’intégration des minorités dans la société d’un pays donné.

En effet, au-delà de ces manifestations littéraires, humaines et musicales qui engendrent souvent une forte dynamique de groupes au sein d’un même quartier et un sentiment fort d’appartenance à un groupe précis dans une communauté, on peut s’interroger sur l’impact de ces cultures urbaines et sur leurs effets réels sur les populations au sein d’un même quartier ou d’une même ville.

Les musiques et les cultures urbaines ne créent-elles pas une sorte de ghettoïsation qui éloignerait certaines communautés de la société d’un pays, ou peuvent-elles au contraire être considérées comme des instruments essentiels à une meilleure intégration sociale des minorités ?

Le débat est lancé, mais les opinions divergent fortement sur cette question.

Mais qu’en est-il des gouvernements ? Dans l’incompréhension de telles formes d’expression, les hommes politiques semblent se réfugier derrière la loi pour tenter tant bien que mal de contrôler ce phénomène de groupe et ce qu’ils voient comme les excès de la libre expression de la musique de rue.

Vers une censure du gouvernement ?

Pour essayer de contrôler les musiques urbaines (notamment le rap et le hip hop), le gouvernement français et les hommes politiques qui le composent n’hésitent pas à mettre en place des lois de censure et à les utiliser à partir du moment où ils considèrent que les limites à la libre expression des textes et des paroles ont été atteintes.

Choqués par la violence des mots utilisés pour retranscrire le quotidien inspiré de jeunes auteurs, en particulier après la période des violences urbaines à travers la France, certains politiques ont tenté de censurer des paroles de chansons.

 

Au nom de la République et de son identité - qui entrait en conflit avec la perception de la France des jeunes des communautaires minoritaires et leur propre identité – les hommes politiques ont essayé d’enrayer le climat hostile et les peurs liées aux violences urbaines en utilisant la loi et en pointant du doigt ce qu’ils considéraient parfois comme l’une des causes de la gravité de la situation actuelle et de l’incitation à la violence.

 

Depuis, le calme semble être revenu dans les quartiers des communautés, (spécialité de la société et la culture française), et de nombreux débats de société ont de nouveau été refermés – ou du moins mis de côté - au profit d’autres actualités.

 

Une solution à une meilleure entente entre le gouvernement et les groupes minoritaires et passionnés de musique qui revendiquent leur identité à travers les manifestations culturelles des musiques urbaines et de ses paroles sera-t-elle trouvée ? Espérons-le, et espérons aussi qu’une telle question n’envenimera pas davantage le conflit entre l’autorité et la liberté d’expression de la musique de rue.